• Variations sur l'hiver I : Arantèles

     

    Dehors, le soleil luit faiblement, perçant la voûte nuageuse du ciel tout à l'heure taciturne. Branches d'arbres solitaires qui esquissent des arantèles, des arabesques criblées de lumière dans cet azur d'hiver impondérable.

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Malgré les feuilles rouges incendiaires et lustrées qui tombent des arbres, la tristesse de l'automne entre en moi.

    Tristesse de novembre qui charrie son sac de grisaille et de terne solitude. Tristesse qui brise les feuilles des arbres, souille ses branches de suie et de poussière d'étoiles mortes. Je la respire cette pluie d'étoiles qui s'égrène et s'ébruite devant mes yeux couverts d'un voile gris, d'un intense brouillard mêlé de nacre et de larmes.

    Vers le soir, sonnent l'angélus et son cortège de brises froides. Puis vient la nuit violette impénétrable.


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  • Le soleil de septembre luit, pétrit les feuilles d'automne et le ciel clair infiniment. La rougeoyance des arbres semble monter dans l'azur, le maculer de rouille. J'en extrais quelques pièces d'or, quelques sequins de lumière. Et je les couds à ma boutonnière, ces écus baignés de soleil. Je les accroche comme des broches d'or sur un tissu de soie, tout près de mon cœur, de mon corps éclaté de silence.


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  • Ce matin, en longeant le quai des Bateliers à Strasbourg, j'ai pu apercevoir la silhouette crénelée, infime de la cathédrale: Effigie de dentelle encore rougeoyante à l'aurore, percée d'ouvertures comme d'augustes jalousies, comme d'immenses fenêtres dans le ciel solitaire.

    J'aurais pu la toucher de mes mains, la sculpter, cette cathédrale de sable. On dirait parfois qu'elle s'effrite, qu'elle poudroie dans l'eau bleue du ciel. Ce matin, encore, j'avais l'impression que j'aurais pu passer mes doigts encore roses d'aube entre ses parois de pierre ciselées par la lumière du jour, entre ses parois de pierre tatouées, trouées du soleil doux de septembre.

    J'aurais pu l'emporter comme un bibelot de sable, un dé à coudre ajusté à mon doigt, comme un minuscule édifice de pierre, navire en miniature, poreux à mon regard.

    J'aurais pu la poser, aussi, au creux de la paume de ma main comme un rubis blessé si friable. Et les feuilles d'or tombées de l'arbre auraient poussé à nouveau dans les rainures de mes veines, auraient recouvert cette cathédrale de sable en miniature, l'auraient abritée de la suie du silence, des corps blessés des moineaux. Leurs plumes d'or, froissées, dressées sous la lumière orange, pareilles aux étoiles brûlées d'une nuit d'eau.


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  • Le soleil luit, ruisselle doucement sur le ciel bleu infini. L'azur se raie de rose ou de nacre par endroits, lorsque la trace d'un oiseau y a creusé un sillon de lumière et d'argent.

    J'aime ces matinées de silence où je crois entendre la rumeur du monde . J'aime ces journées de solitude à peine constellées de nuages. Je contemple intensément l'azur et ce carré de mosaïque bleue me repose, m'instille quelques perles de sérénité au fond de moi.


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