• A travers la fenêtre, j'aperçois les marronniers de la rue déjà émondés de leurs grappes de fleurs, déjà dépouillés de leurs oripaux magnificents, juste recouverts de leur chevelure verte, leur dentelle végétale apprêtée.

    Leur frondaison frissonne dans le vent et l'air chaud de ce printemps finissant, dans l'atmosphère moite, la sueur du ciel de ce presqu'été. A travers la fenêtre, j'entends la rumeur des moineaux, la clameur du monde qui semble résonner sur chaque branche, chaque feuille de l'arbre luminescent. Arbre de vie dont j'écoute le rythme saccadé, la sève pulsatile comme le bruissement chuchoté de l'infini, comme son chant susurré.

     

     

    A travers la fenêtre


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  • Bec rouge, plumes rousses et grises qui s'impriment sur un ciel humide de silence. L'oiseau crie et la lune monte dans le soir qui reçoit la morsure du couchant. Trace ignée, indélébile qui marque au fer rouge la sueur du soir puis celle de la nuit. Trace de tristesse dans le jour déjà blet, figé dans son insolente immobilité, où l'oiseau s'arrête, interdit, fixant le ciel dans sa délicate intensité, dans son intime éternité.

     

    Oiseau

     


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  •             Le vieux Port de Marseille se teinte de rosée. Dés l'aube, les bateaux, encore pétris par un soleil rose, s'enfoncent dans la mer bleue, miroitent comme le reflet de leur âme voyageuse, dans les remous de la Méditerranée, dans la prunelle de mon regard happé par la lumière maritime, frappé par son ingénue beauté.

     

    Aube provençale


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  •     Je regarde les voiles des bateaux se décomposer sous le ciel gris. Je scrute les silhouettes des arbres noircies à l'encre de Chine. Mon esprit rêve, divague. Je crois marcher au bord de la mer, déambuler sur le sable. Je suis à Paris, pourtant. Mes pieds arpentent le bitume en quête de sensation maritime. Et une mouette vif-argent au-dessus de ma tête me rappelle la douce félicité de ce jour d'avril, déjà empreint d'un parfum printanier.

     

    En bordure de Seine

     


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  •     Cette après-midi, je suis allée au Parc de l'orangerie à Strasbourg. Il était tout recouvert d'une épaisse couche de sucre glace. J'y ai vu des paysages à la Brueghel : magnifiques enneigés. Le lac gelé s'étendait comme une nappe d'eau glacée. S'y reflétaient quelques corbeaux noirs, s'y reflétaient le halo d'or de la lune, son orbe presque rosé qui commençait de monter dans le ciel de cendres, vespéral.

    Quelques enfants jouaient à se lancer des boules de neige nourries de soir, fabriquaient des bonhommes de glace, presque désarticulés, esquissant des pantomimes réjouies ou attristées dans cette journée de mars enneigée, figée dans son manteau blanc glacé.

     

    Paysage à la Brueghel

     

     


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