•     Les feuilles d'automne tombent des arbres rouges des érables du Japon, des prunus, des cognassiers en feu. Je suis au jardin botanique, mes pas s'ancrent dans l'empreinte des oiseaux. Sous la brûlure d'un soleil orange, mordoré comme les feuilles mortes qui tombent à mes pieds, j'entends la rumeur de l'automne, sa résonance mate et cuivrée au creux des pierres. En ce jour d'octobre, les châtaignes maculent encore le sol de leurs bogues épineuses comme des fruit défendus offerts à la tentation des passants.

    Avant que la nuit violacée ne vienne, les corbeaux croassent dans le ciel solitaire, presque rouge au couchant. Je ferme les yeux pour m'imprégner de ces chants d'automne, croyant entendre en filigrane le cri strident à peine perceptible d'un fragile moineau. Ce n'est que le crissement d'une brindille de bois sous mes pieds, le craquement de bois sec comme un bruit de pipeau dans l'air froid.

    Le parfum sucré des champignons et de la terre encore humide de pluie me parvient alors intact comme les vestiges d'un autre temps, d'un autre automne, où cartable au dos, je parcourais les allées de bitume ensevelies de feuilles mortes dorées. Lorsqu'enfant, encore, sur le chemin de l'école, je respirais cet automne rouge, tableau de craies vives à ciel ouvert qui semblait m'apprendre tant de choses sur le monde bien plus que les écritures blanches et curvilignes du tableau noir de la classe.

     

     

    Automne rouge


    votre commentaire
  •    Elle rêve en suçant un  bâton de réglisse, adossée au tronc noueux d'un arbre. Elle songe à ses années d'enfance passées ici dans les senteurs poivrées et l'odeur des sciures de bois, le parfum de résineux qui lui colle à la peau et ne s'en détache pas. Elle rêve de fées et de lutins, de Merlin l'enchanteur et de tous les contes de la forêt de Brocéliande.

    Son panier est plein de trésors d'automne : des champignons, des feuilles mortes mordorées : palimpsestes de ses vertes années, grimoires de ses rêves griffonnés à la hâte comme sur des ardoises d'écoliers que la pluie viendrait brusquement effacer. Elle rêve sous un arbre des vestiges de son passé et que la rouille des ans n'a pas encore érodés. Elle rêve...

     

    Rêverie sous un arbre


    votre commentaire
  •         Je regarde la mer éblouie par les reflets des voiliers sur la surface de son miroir. Les mâts des bateaux de bois ponctuent de bleu l'écriture curviligne du soleil qui trace à l'encre de seiche des phrases blanches sur l'océan du ciel.   

     

    les îles du Frioul

     


    votre commentaire
  •    

    Dehors, en ce 14 juillet, une belle luminosité se fait jour et imprégne le ciel d'une couleur rose puis orangée comme une toile sur laquelle s'imprime une bien étrange calligraphie : celle d'oiseaux noirs en suspens traçant des mots, des phrases dans une danse endiablée. C'est une ronde d'étourneaux, sans doute, qui lacèrent l'azur comme une plume d'encre de Chine glisserait sur un ciel de silence et de soie.

     

    Calligraphie


    votre commentaire
  •   

    Hier soir, nous sommes sortis au parc de la Citadelle. Il n'y avait quasiment personne alentour et c'était bien agréable de pouvoir entendre les oiseaux crier dans le ciel solitaire. Nous écoutions la rumeur du soir se profiler au-dessus de la rivière, les frondaisons rousses des arbres s'y refléter, le ciel devenir orange juste avant le choc du couchant.

     

    Juste avant le couchant


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique