•     Je regarde les voiles des bateaux se décomposer sous le ciel gris. Je scrute les silhouettes des arbres noircies à l'encre de Chine. Mon esprit rêve, divague. Je crois marcher au bord de la mer, déambuler sur le sable. Je suis à Paris, pourtant. Mes pieds arpentent le bitume en quête de sensation maritime. Et une mouette vif-argent au-dessus de ma tête me rappelle la douce félicité de ce jour d'avril, déjà empreint d'un parfum printanier.

     

    En bordure de Seine

     


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  •     Cette après-midi, je suis allée au Parc de l'orangerie à Strasbourg. Il était tout recouvert d'une épaisse couche de sucre glace. J'y ai vu des paysages à la Brueghel : magnifiques enneigés. Le lac gelé s'étendait comme une nappe d'eau glacée. S'y reflétaient quelques corbeaux noirs, s'y reflétaient le halo d'or de la lune, son orbe presque rosé qui commençait de monter dans le ciel de cendres, vespéral.

    Quelques enfants jouaient à se lancer des boules de neige nourries de soir, fabriquaient des bonhommes de glace, presque désarticulés, esquissant des pantomimes réjouies ou attristées dans cette journée de mars enneigée, figée dans son manteau blanc glacé.

     

    Paysage à la Brueghel

     

     


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  •     La nuit violette nous enveloppe. Son parfum déjà suri embaume l'air, virevolte dans le ciel martelé de silence. Alors que le croissant de lune est déjà monté haut dans le ciel de suie, je crois entendre le cliquetis de la clé qui se tourne dans la serrure, tourne sur elle-même comme un vertige de douce ferraille, un tourbillon d'espoir, une promesse d'ouverture.

    Mais qui vient donc nous rendre visite à cette heure si tardive?

    C'est sûrement le marchand de sable venu nous conter quelques histoires à dormir debout, quelques fables nocturnes pour nous jeter sine die dans les bras de Morphée.

    Alors laissez-le vous jeter du sable sur les yeux ! Laissez vous envahir par ses rêves !

    Bonne nuit !

     


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  •       Au parc des Contades, ce dimanche, je scrute les troncs d'érables dénudés qui percent par endroits la voilure verdoyante des conifères, à leurs côtés. Ils semblent frissonner dans le vent, tous ces arbres d'hiver, vibratiles, dépareillés, promis à d'incessants déhanchements, à d'interminables sursauts effrayés. 

    Ces arbres chuchotent dans le ciel solitaire puis se taisent enfin, lorsque la bourrasque de vent vient flageller leur écorce ébréchée, écartelée par le soleil qui faiblit. Et au loin, comme leur double dépareillé, je crois voir les ombres errantes et  volatiles des corbeaux qui se blessent dans le soir naissant, dans le ciel rose bientôt incandescent, effarouché.


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  •     Aujourd'hui, je suis sortie toute seule. De temps en temps, j'apprécie cette solitude où je peux rêver à loisir, contempler le soleil et le ciel bleu si intense ce matin. Sur la place Arnod à Strasbourg où m'ont portée mes pas, j'écoute la rumeur du monde que je perçois en filigrane à travers le bruit des ballons qui rebondissent sur le sol, à travers les bribes de voix des enfants et leurs cris de joie. Il fait si beau aujourd'hui. Les arbres sont encore nus mais leurs branches droites et drues font entrevoir la promesse de jours nouveaux tout éblouis, celle de fleurs gorgées de soleil qui auraient le goût de miel et de silence, la promesse de bruits d'oiseaux itinérants dans le ciel solitaire, leur saveur sucrée au goût de mer.


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