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    Pleine lune

     

     

    Au retour, la nuit était déjà tombée et se reflétait dans le lac, en même temps que les frondaisons encore nues des arbres, en même temps que la lune montante, la pleine lune orange décalquée sur un ciel de silence.

    Les corbeaux croassaient dans le halo lunaire, s'infiltraient dans le soir blet, dans la nuit naissante. Corbeaux éclos comme des bourgeons de rose, déhiscents, effrayés, effarés dans leur intimité.


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          Je marche dans l'immensité du sable. Chaque pas que je fais creuse un peu plus la surface moirée des dunes comme un palimpseste plissé de silence et de verbes.

    Chacun de mes pas est une empreinte de soie, un amas de lettres et de mots, un poème promis au vent, au rêve, à l'oubli de l'été.

     

    Dunes

     

     


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     Éblouissement

     

         J'errais dans les sentiers semés de solitude et de soie. Le ciel embaumé de prunus semblait s'étirer infini au dessus de moi. Au loin, j'apercevais quelques cigognes acclamées par quelques corbeaux en déshérence. Ultime promenade sous un soleil de plomb qui ne semblait jamais s'éteindre et qui semblait m'étreindre comme une chape de lumière et de joie.


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       Tôt le matin, j'ai déambulé à travers les allées cuivrées du Parc de l'Orangerie. Il faisait un soleil lumineux, presque printanier malgré la brise qui transperçait ma peau et le plumage des oiseaux bleus. Aussi bleus que le lac qui ressemblait ce matin à une mer étale, à une mer d' huile, à un ciel de soie sauvage et que je ne me laissais pas de regarder. Comme on contemple un tableau impressionniste, mes yeux s'abîmaient dans la lecture de ce paysage flou, lumineux mais d'une grande beauté, d'une élégance rare : une aquarelle à ciel ouvert en somme que j'aurais voulu immortaliser.

     

    Impressionisme

     

     

     

     

     

     


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  •   Aujourd'hui, il neige ! Quelques roses percent la couche saupoudrée de sucre glace qui recouvre les trottoirs endimanchés. Un fin soleil d'hiver caresse leur corps de soie gelée, effleuré par la brise hébétée de silence et de cris. Et mes empreintes de pas sur le sol de nacre forment des mots en lettres majuscules. Je peux y lire le mot "neige" irisé de lumière citadine.

     

    Neige


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