•  

          Je marche dans l'immensité du sable. Chaque pas que je fais creuse un peu plus la surface moirée des dunes comme un palimpseste plissé de silence et de verbes.

    Chacun de mes pas est une empreinte de soie, un amas de lettres et de mots, un poème promis au vent, au rêve, à l'oubli de l'été.

     

    Dunes

     

     


    votre commentaire
  •          

     

     Éblouissement

     

         J'errais dans les sentiers semés de solitude et de soie. Le ciel embaumé de prunus semblait s'étirer infini au dessus de moi. Au loin, j'apercevais quelques cigognes acclamées par quelques corbeaux en déshérence. Ultime promenade sous un soleil de plomb qui ne semblait jamais s'éteindre et qui semblait m'étreindre comme une chape de lumière et de joie.


    votre commentaire
  •  

       Tôt le matin, j'ai déambulé à travers les allées cuivrées du Parc de l'Orangerie. Il faisait un soleil lumineux, presque printanier malgré la brise qui transperçait ma peau et le plumage des oiseaux bleus. Aussi bleus que le lac qui ressemblait ce matin à une mer étale, à une mer d' huile, à un ciel de soie sauvage et que je ne me laissais pas de regarder. Comme on contemple un tableau impressionniste, mes yeux s'abîmaient dans la lecture de ce paysage flou, lumineux mais d'une grande beauté, d'une élégance rare : une aquarelle à ciel ouvert en somme que j'aurais voulu immortaliser.

     

    Impressionisme

     

     

     

     

     

     


    2 commentaires
  •   Aujourd'hui, il neige ! Quelques roses percent la couche saupoudrée de sucre glace qui recouvre les trottoirs endimanchés. Un fin soleil d'hiver caresse leur corps de soie gelée, effleuré par la brise hébétée de silence et de cris. Et mes empreintes de pas sur le sol de nacre forment des mots en lettres majuscules. Je peux y lire le mot "neige" irisé de lumière citadine.

     

    Neige


    votre commentaire
  •     Les feuilles d'automne tombent des arbres rouges des érables du Japon, des prunus, des cognassiers en feu. Je suis au jardin botanique, mes pas s'ancrent dans l'empreinte des oiseaux. Sous la brûlure d'un soleil orange, mordoré comme les feuilles mortes qui tombent à mes pieds, j'entends la rumeur de l'automne, sa résonance mate et cuivrée au creux des pierres. En ce jour d'octobre, les châtaignes maculent encore le sol de leurs bogues épineuses comme des fruit défendus offerts à la tentation des passants.

    Avant que la nuit violacée ne vienne, les corbeaux croassent dans le ciel solitaire, presque rouge au couchant. Je ferme les yeux pour m'imprégner de ces chants d'automne, croyant entendre en filigrane le cri strident à peine perceptible d'un fragile moineau. Ce n'est que le crissement d'une brindille de bois sous mes pieds, le craquement de bois sec comme un bruit de pipeau dans l'air froid.

    Le parfum sucré des champignons et de la terre encore humide de pluie me parvient alors intact comme les vestiges d'un autre temps, d'un autre automne, où cartable au dos, je parcourais les allées de bitume ensevelies de feuilles mortes dorées. Lorsqu'enfant, encore, sur le chemin de l'école, je respirais cet automne rouge, tableau de craies vives à ciel ouvert qui semblait m'apprendre tant de choses sur le monde bien plus que les écritures blanches et curvilignes du tableau noir de la classe.

     

     

    Automne rouge


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires