• Variation maritime I

    Un après-midi de de mai, le soir violet commençait de poindre à l'horizon de la mer ourlée de couchant et par endroits ambrée ou même mordorée. Quelques roses des sables, tombées du ciel et fraîchement cueillies, jonchaient la grève maculée d'empreintes de pas et de fossiles échoués là comme les vestiges d'un autre temps. Je marchais le long de la plage de soie grège et de la mer. La brise marine caressait mon visage tandis que je jouissais d'une vue imprenable sur la baie à présent inondée de pourpre. Les rochers de grès rouge perçaient la voûte du ciel, ponctuée par de frêles éclats de lune qui ondoyaient sur la plage devenue presque rose. Rien n'était plus beau que ce soir balayé par le vent.

    Bientôt la nuit mauve allait éclore, dispersant ses étoiles comme des grains d'or sur la mer. Leur reflet semblait déjà flotter sur l'eau transparente comme des ocelles sur une robe de paon immensément bleue. L'eau bordée de son écume tournoyait au gré de la danse circulaire du ressac marin, se déhanchait sous l'inclinaison solaire. Assise alors au bord d'un rocher, tout près de la grève qui accueillait le sang crépusculaire, je rêvais que je devenais sirène sous une nuée d'oiseaux, pépites de nacre dans le ciel solitaire.


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