• Festons dhiver

    Un matin d’hiver, en traversant le parc des Contades, j'ai pu admirer à loisir les festons de lumière qui se déposaient sur la poudre de neige finement ciselée, recouvrant tous les sentiers ainsi que les pelouses découpées à la serpe solaire. Les arbres encore dénudés, candélabres d'ébène, donnaient en pâture au ciel le reflet de leurs oiseaux blessés. Ils chantaient la voix frêle, éraillée sur leurs branches inondées de soleil. Leurs premiers bourgeons s'incrustaient comme des boutons de nacre sur l'azur indéfectible. Et cet azur strié de mille joyaux, réceptacle incessant de corbeaux bleus, esquissait une mosaïque en forme d'étoile ou bien de rose déliquescente.

    Etourdie de lumière, je continuais de suivre en silence les sillons festonnés qui giclaient sur le sol blanc. Et la guirlande que formaient mes empreintes de pas sur la neige fraîchement tissée, traçait, autour de ma silhouette, un collier de dentelle déjà enluminé par le rubis d'un soleil matinal.

     


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