• En bordure de Seine

        Dans la grisaille de ce jour de mars, j’erre le long des quais de Seine, dans la brume arrimée à mon ciel, amarrée à la proue des voiliers, des péniches qui stagnent sur la Seine. Je lève les yeux au ciel et dans le brouillard vif-argent, j’accroche mon regard à celui des oiseaux qui implorent que je vole au-dessus de l’eau, au-dessus de l’eau grise de ce jour de mars où vient se refléter le pâle reflet de la lune. Tandis qu’une brise vient troubler ma quiétude, vient briser la trajectoire oblique de mon soleil naissant.

    Quelques mouettes endimanchées portent une rose à leur bec. Des corbeaux croassent près de l’eau comme de vieux marins noircis de nuit. Et moi j’erre le long de ce quai de Grenelle comme une ermite à l’allure négligée, le regard dans les étoiles, assoiffée de liberté fraîchement conquise. Échouée sur les rives du jour comme sur les rives de la Seine, je gobe la brûlure du soleil rouge qui frôle puis s’enracine sur mon corps nu de parisienne endormie.

     

    En bordure de Seine

     


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