• Aube provençale

                   L’aube est violette ce matin. A Marseille, je marche le long des bateaux colorés. Les voiles fouettent le ciel d’eau. Et la mer devenue rose s’insinue dans les moindres recoins du Vieux Port. Quelques mouettes grises, presque vif-argent, se posent sur les coques cendrées des voiliers. Au loin, la rumeur du mistral se mêle à celle de la mer infinie. Je l’écoute en même temps que celle des chats errants qui miaulent en écho à moi-même, en résonance parfaite avec mon corps parcheminé de ciel et de rayures solaires.

    Mes pas s’enfoncent alors dans le sentier rocailleux qui me mène à la cathédrale de la Major, toute parée de ses zébrures noires et blanches, tout ensevelie de silence. Et mes yeux plissés de soleil se mettent soudain à cligner de plus belle pour me protéger de la vive lumière qui m’éblouit. Aveuglée de soleil, je me retourne, jette un dernier coup d’œil derrière moi.

    L’aube est violette sur le Vieux Port de Marseille comme une nuit pleine d’étoiles qui scintillent, comme le regard intense de cette mouette qui m’a suivie jusque-là et qui me fixe éperdument.

     

    Aube provençale


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